LE CRESC

Un laboratoire de recherche pluridisciplinaire

Le Centre de recherche Economie, Société, Culture (CRESC) a été fondé en 2014 au sein de l’EGE Rabat/ Faculté de Gouvernance et de Sciences Economiques et Sociales de l’Université Mohamed VI Polytechnique en capitalisant sur des expériences antérieures de recherche au Maroc (Centre marocain des sciences sociales de l’Université Hassan II de Casablanca) et à l’étranger (Réseau européen d’analyse des sociétés politiques).

Etudier les mutations en cours au Maroc et dans les sociétés du continent africain

Laboratoire de recherche fondamentale couvrant l’ensemble des disciplines des sciences économiques, humaines et sociales, le CRESC a pour principal objectif de contribuer à une meilleure connaissance des sociétés dans lesquelles nous vivons. Le Centre entend les étudier dans leur spécificité et dans leur historicité, en se tenant à distance des discours et concepts normatifs typiques de l’expertise globale.

Insérés localement, les chercheurs du CRESC sont particulièrement attentifs aux mutations en cours au Maroc et plus généralement dans les pays de l’ensemble du continent africain, aux dynamiques qui traversent ces sociétés, et aux changements de significations que prennent, dans le temps et dans l’espace, les actions, institutions et relations sociales.

Le CRESC est dirigé par Mohamed Tozy, Professeur des Universités et politologue spécialiste du fait religieux au Maroc, et par Béatrice Hibou, Directrice de Recherche au CRNS CERI/ Sciences Po Paris.

Les activités de recherche sont organisées autour de quatre grands axes:

  • sociologie des religions
  • changement social
  • trajectoire de l’Etat et de la domination
  • économie du Maroc et des pays émergents

Le CRESC a la vocation de former de jeunes universitaires par la recherche, en les intégrant dans des projets et en les préparant à investir le terrain par de la recherche empirique. Il est particulièrement sensible à l’intégration des doctorants et des post- doctorants dans les circuits de la recherche internationale grâce à son insertion dans les réseaux de recherche de haut niveau, en Europe et en Amérique.

Le CRESC organise des activités de recherche régulières tout au long de l’année universitaire. Les étudiants du PEASS inscrits au programme long ou au programme moyen peuvent en bénéficier. 

La semaine de la recherche 

Evènement conçu pour stimuler l’échange et la recherche en sciences sociales, la « semaine de la recherche » de l’EGE se tient deux fois par an (en mai et en décembre).

La semaine de la recherche entend inscrire l’institution dans la communauté scientifique internationale à travers des débats de sciences sociales sur des sujets d’actualité avec la participation de chercheurs étrangers. Au cours des dernières années, les semaines de la recherche de l’EGE ont porté sur les thèmes suivants : le gouvernement du social, les techniques économiques dans l’histoire, Frantz Fanon, Max Weber, etc.

Le séminaire du CRESC

Le séminaire du CRESC est le séminaire du laboratoire, destiné au corps enseignant, aux chercheurs du CRESC et aux étudiants les plus avancés (doctorants, master avancés). Il est une façon de développer une démarche scientifique à la fois pluridisciplinaire et comparée, et une approche sinon commune, du moins compatible, des sciences sociales, qui allie importance accordée au terrain, activité de lecture et d’actualisation des principaux débats en cours dans la communauté intellectuelle internationale et réflexion critique hors des modes et de la pensée hégémonique.

Les conférences du CRESC

Les conférences sont l’occasion d’écouter des chercheurs, marocains ou internationaux, restituer leurs recherches ou offrir une analyse de l’actualité à partir de leurs recherches. Elles sont ouvertes à tous les étudiants et universitaires intéressés mais également à un public plus large. 

L’atelier doctoral

L’atelier doctoral entend former par et à la recherche des étudiants de master ou de doctorat inscrits à l’Université Mohamed VI Polytechnique, à l’université publique marocaine ou dans des universités étrangères, en mettant l’accent sur les questions de méthode.

Les séances de l’atelier doctoral ont lieu chaque mois et portent sur un thème particulier qui peut être un auteur, une thématique de recherche, un courant de pensée, une démarche de questionnement ou encore une approche méthodologique particulière. 

Au cours de la dernière année, l’atelier doctoral a porté sur les thèmes suivants : la jeunesse, approches croisées de l’économie et des sciences sociales, Jean Leca et la science politique, confrontation au terrain et techniques de collecte de données, sociologie et croyances, méthodes quantitatives, Max Weber, etc. 

L’atelier doctoral est l’occasion pour les étudiants, chaque mois, de mener des lectures approfondies sur une thématique, de rédiger des papers faisant le point sur des auteurs ou de approches méthodologiques qui inspirent leur propre recherche ou encore de présenter à des chercheurs confirmés leur niveau d’avancement dans leur travail théorique ou empirique.

Les étudiants du PEASS inscrits en master ou doctorat qui parlent le français peuvent s’inscrire à l’atelier doctoral.

Les journées d’études 

Les journées d’études accueillent les activités des groupes de recherche ou des chercheurs du CRESC pour présenter des programmes de travail ou des recherches en cours en y associant des collègues d’autres institutions scientifiques.

 

Les activités de recherche et de formation doctorale proposées par le CRESC se structurent autour de chaires et de groupes de recherches thématiques. 

Les chaires 

Les chaires académiques rassemblent autour d’un ou plusieurs chercheurs de niveau international des doctorants, post-doctorants et jeunes chercheurs qui développent une série de travaux sur des axes complémentaires avec les logiques de travail du CRESC.

La chaire Paul Pascon pour les sciences sociales est dirigée par Hassan Rachik. La Chaire d’études africaines comparées est dirigée par Jean-François Bayart.

Les groupes de recherche

Les groupes de recherche du CRESC peuvent rassembler des chercheurs de différents horizons disciplinaires autour d’un même axe de recherche. Sous la coordination d’un ou plusieurs chercheurs, les groupes de recherche élaborent une recherche sur un temps long aboutissant à des publications.

Le CRESC compte actuellement 7 groupes de recherche :

  • Gouvernement du social au Maroc
  • Religion, Etat et société
  • Socio-anthropologie des rapports entre nature, culture et environnement au Maroc
  • Résistance, domination et savoirs hégémoniques, ou les archives de la subalternité
  • Le national par les traces
  • Approches croisées de l’économie et des sciences sociales : les nouvelles techniques de l’Etat social en Afrique
  • Mobilités internationales d’étudiants et diplômés : Parcours, stratégies et pratiques

 

Le CRESC comprend 7 groupes de recherche:

Gouvernement du social au Maroc

Groupe coordonné par : Béatrice Hibou et Zakaria Kadiri

A partir du thème du « gouvernement du social », le groupe propose d’aborder la question sociale sans la réduire aux institutions de l’Etat-providence ou aux formes bureaucratiques d’intervention dans la société, et sans l’opposer à l’Etat et à l’ordre politique établi. Dans une tradition wébérienne, il cherche au contraire à appréhender le « social » à travers ses relations et ses interactions quotidiennes, sans cesse réinventées, sans préjuger des formes de la société.C’est donc la pluralité des formes du « social » et des façons par lesquelles elle peut être gouvernée qui nous intéresse, pluralité qui fait écho non seulement à la trajectoire historique propre à chaque situation analysée, mais également à la diversité des référents qui structurent la conception de l’Etat et des rapports de pouvoir qu’ont des segments de la société.

Religion, Etat et société

Groupe coordonné par : Mohamed Tozy

Ce groupe de recherche s’inscrit dans la continuité des travaux menés depuis une trentaine d’années sur la sociologie du religieux au Maroc. Il se donne pour objectif l’analyse du dispositif institutionnel mis en place dans le cadre de « la restructuration du champ religieux » qui a suivi le discours de Tétouan de 2005 et la réforme constitutionnelle de 2011. Il ambitionne également de réaliser des monographies sur les confréries religieuses actives au Maroc. Le groupe de recherche entend également étudier la formation du personnel religieux qui relevait de la sphère privée, notamment au niveau rural (Msid et medersa traditionnelle), et qui a fait l’objet de plusieurs réformes depuis quelques années. Ce travail analysera aussi bien sur l’organisation et les modes de financement que sur des cursus.

 Socio-anthropologie des rapports entre nature, culture et environnement au Maroc

Groupe coordonné par : Dominique Guillo

Ce groupe de travail étudie les modifications profondes qui affectent aujourd’hui les interactions avec la nature, au sens le plus large au Maroc, une entrée originale pour aborder les changements qui travaillent actuellement en profondeur la société marocaine en général, tant les phénomènes dits « naturels » sont aujourd’hui impliqués dans nombre de mutations socio-culturelles. C’est le cas pour le changement climatique et ses effets sur les écosystèmes, les modifications sociales, économiques et culturelles qui en dérivent pour l’agriculture ou le tourisme, l’apparition de la problématique d’un « développement durable » et de la question écologique dans l’espace public, la patrimonialisation de la nature à travers la constitution de parcs naturels (forêt, espèces animales, fossiles), l’apparition d’éléments naturels dans la constitution d’une mémoire nationale, les changements dans les représentations et la place de l’animal dans les espaces ruraux comme dans les espaces urbains, l’interpénétration croissante des espaces « humains » et « naturels » (urbains et ruraux), les discours et les pratiques autour de la pollution et leurs conséquences, la gestion de l’eau, les interférences avec les discours sur l’environnement largement diffusés un monde globalisé, etc.  

Résistance, domination et savoirs hégémoniques, ou les archives de la subalternité

Groupe coordonné par : Roberto Beneduce

Le groupe de recherche entend contribuer à la construction d’une archive qui réunit des documents, des expériences, des témoignages, des récits que nous appelons de manière provisoires « contre-mémoires », au sens (différents) que Foucault et Lipsitz ont voulu donner à cette expression.

Nos archives ne sont pas imaginées seulement comme des lieux physiques déjà donnés, bien que leur exploration soit incontournable. Elles sont pensées aussi comme des espaces à construire, s’approchant du modèle proposé par Derrida, Farge ou Combe qui ont suggéré, entre autres, la nécessité d’imaginer une autre archive : l’archive souvent refoulée, réprimée ou oubliée. C’est dans ce sens que notre recherche concerne plus particulièrement les mémoires et les expériences des groupes et des individus « subalternes », dont la parole (et la vie) est soumise à toute une série de procédures de contrôle et de mesure, ainsi que de censure.  

Le national par les traces

Groupe coordonné par : Irene Bono

Pour tout chercheur qui s’intéresse à l’analyse du contemporain, le national est un problème empirique, même si on ne le choisit pas comme objet d’étude. On le retrouve notamment dans son articulation avec des différents phénomènes qu’on qualifie de nationaux – à l’instar de la population nationale, le territoire national, la culture nationale, le marché national, etc. – sans pour autant que soit expliqué ce que l’on entend par cette qualification.  En d’autres termes, le national est le plus souvent abordé comme s’il s’agissait d’une question auto-évidente, allant tellement de soi qu’il est inutile de la penser.

Le groupe de recherche se pose deux objectifs. En premier lieu, il entend promouvoir et animer une réflexion approfondie sur les sources par lesquelles le national peut être appréhendé. La notion de « traces », qui est souvent utilisée en référence à quelque chose de disparu ou de difficile d’accès, paraît, à ce propos, pertinente pour pointer les différentes sources qui peuvent renseigner sur des phénomènes structurant le national qui restent aux marges des manières consolidées de penser le national. En deuxième lieu, il entend développer des recherches orientées à comprendre les enjeux d’appartenance, les configurations de pouvoir et les processus de subjectivation politique que l’on peut appréhender quand on aborde le national par ses traces.  

Approches croisées de l’économie et des sciences sociales : les nouvelles techniques de l’Etat social en Afrique

Groupe coordonné par : Saïd Hanchane et Boris Samuel

Ce groupe de recherche s’intéresse aux outils de planification des politiques sociales et les techniques de ciblage de ces politiques sur des populations bien déterminées, en particulier les « pauvres ». Ces objets recouvrent actuellement des enjeux saillants pour les sciences économiques et la gestion dans la mesure où les transformations des techniques de l’action publique induisent des recompositions de l’Etat et des transformations des manières de gouverner.

Mobilités internationales d’étudiants et diplômés : Parcours, stratégies et pratiques

Groupe coordonné par : Grazia Scarfò Ghellab et Kamal Mellakh

Selon les données de l’OCDE de ces dernières années, la mobilité estudiantine suit pour l’essentiel l’axe Sud-Nord : des pays les plus pauvres vers les pays plus riches. Toutefois, on assiste à de nouvelles dynamiques scolaires et sociales où se croisent les transformations des politiques migratoires au Nord et au Sud, les recompositions des systèmes d’enseignement, l’internationalisation des formations avec une diversification des destinations géographiques, les mutations des champs professionnels et la circulation des élites.

Le groupe de recherche entend envisager ces mobilités comme porte d’entrée pour aborder trois questions :

  • les mobilités étudiantes et stratégies d’internationalisation: le diplôme étranger comme ressource.
  • Processus de construction des marchés professionnels : quand le diplôme étranger devient un critère pour se définir et exclure. 
  • Mobilités étudiantes internationales : se former dans les pays de l’Est de l’Europe de 1960 à nos jours.